31.5.06

Des rédacs où il fait bon vivre

Un commentaire au dernier envoi (avec le lien qui l'accompagne vers un papier d'anciens du CFJ) rappelle en incidente que faire du meilleur journalisme, ce n'est pas seulement faire du journalisme. C'est aussi considérer les journalistes comme ce qu'ils sont, des salariés - tout simplement des personnes ayant droit de la part des entreprises qui les emploient à un traitement sinon juste, du moins compréhensible, lisible.

Les CDD à répétition, les statuts mi-stage mi-pige, en un mot la précarité, tout cela génère de l'incertitude et des frustrations, le contraire de la motivation qui fait les meilleures enquêtes, les meilleurs papiers. Sûr que les rédactions seraient bien inspirées d'appliquer les meilleures pratiques au point de viser elles aussi le statut d'entreprises "où il fait bon vivre".

D'un autre côté, cela suppose que les journalistes eux-mêmes acceptent de s'inscrire dans ces pratiques. Ce qui signifie admettre le cadre dans lequel ils travaillent - l'entreprise en général - et ses objectifs - notamment celui de gagner de l'argent.

Il ne s'agit pas là pour les journalistes de renoncer à leur nécessaire indépendance, mais de la concentrer là où elle est utile: sortir de meilleures infos, coller au plus près à la réalité de la société et satisfaire au mieux sa curiosité.